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  • Stéphan Le Doaré

2020, l'année de la curiosité ?

Cet article est tiré de la contribution de prospective 2020 menée par l'Institut Sapiens. Retrouvez l'ensemble des contributions des experts de l'Institut Sapiens ici





En cette fin 2019, les algorithmes calqués sur les neurones biologiques qui ont donné naissance au machine learning et au deep learning colonisent l'espace numérique.

Des bases de données de taille considérable ont désormais enregistré à peu près toute notre identité (des empreintes digitales au séquençage ADN en passant par nos informations biométriques)

Les processeurs de calcul actuels (GPU) et futurs (quantiques) favorisent le mariage entre ces deux innovations du Deep Learning et du Big Data. Les données, manipulées à très grande vitesse par ces algorithmes font la une de nombre et nombre de publications sous l'appellation mal traduite d'Intelligence Artificielle.


C'est ainsi que toute entité, qu'elle soit publique ou privée, de quelque secteur qu'elle soit (médical, militaire, industriel, aéronautique, scientifique, nucléaire, transport, etc..), réfléchi à la meilleure utilisation possible de cette nouvelle technologie. Dans le même temps, le citoyen s’est vu dépossédé de la propriété de ses données, parties enrichir telle ou telle base de données à l’étranger, malgré la mise en oeuvre effective en mai 2019 du RGPD (Règlement Général de la `Protection des Données).



S'il fallait placer 2020 sous le signe de la curiosité, quelques indications pourraient être salutaires.

Peut-être faudrait-il en effet considérer les travaux du voisin en la matière ? Par exemple, mettre en commun la recherche concernant les algorithmes hospitaliers. (À l'heure actuelle, les conglomérats hospitaliers de Paris, Marseille et Lyon travaillent chacun de leur côté sur le même type de projets, sans mutualisation de fonds ou de compétences.)

Alors que nous avons fêté cette année le 30ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, il est temps d'abolir la notion de frontière en matière de numérique. Cette notion ne s'applique pas à cet endroit, car le numérique est partout, touche à tout et à tous. Être curieux du numérique est un vrai défi pour une population bien plus large que ce que l'on croit. L'acculturation en la matière touche autant les jeunes (que l’on pense à tort très « calés » sur le sujet) que de nombreux "quadras" et "quinquas", cadres et dirigeants, décisionnaires et pourtant trop loin de ces sujets.


Au niveau de l'État, des effets de levier sont aussi à rechercher dans une "communication" interministérielle plus labile. L'Intérieur devrait être curieux de ce que font les Affaires étrangères. La Défense devrait être curieuse de ce que fait l'Intérieur. La Santé devrait intéresser les Affaires étrangères et l’Économie. Une vraie transversalité autre que juste analytique devrait être mise en place, au plus haut niveau de l’État.



Les enjeux cruciaux de technologies sont nombreux pour demain. Plutôt que de chercher une énième définition à l’Intelligence Artificielle, il vaut mieux concevoir ces technologies comme un catalyseur des NBIC (Neurosciences, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives). Les recherches et applications tirées de ce quatuor sont en effet décuplées par l’Intelligence Artificielle. Avec le développement de la 5G, la sécurité informatique déjà hypersensible va devenir cruciale avec de nombreuses attaques et des systèmes de plus en plus rapides, complexes, interconnectés. La conservation de nos données et la mise en oeuvre d'un cloud européen semblent des évidences qui vont devenir des nécessités. La mise en oeuvre rapide de logiciels d'I.A. éthiques et garants de nos richesses nationales doit faire l'objet d'une intervention de la part de l'État. Et l'Économie doit trouver un nouveau souffle face aux systèmes de vente instaurés par ces puissants groupes étrangers qui utilisent au mieux ces nouveaux outils digitaux sans quoi l’Europe restera uniquement le plus grand marché commercial mondial, simple spectatrice dans l’affrontement Chine - États-Unis.


Alors oui, la curiosité doit devenir notre plus vilaine qualité pour 2020 !


Stéphan Le Doaré

@stephanledoare

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