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  • Stéphan Le Doaré

Pensez-vous à votre hygiène numérique ?

Le développement des réseaux sociaux a été rendu possible grâce à l'apparition concomitante de plusieurs éléments. La création de bases de données massives permise par de nouvelles technologies de stockage (la virtualisation par exemple), le développement de processeurs plus puissants et mieux adaptés au traitement de ce type de données (processeurs GPU), l'arrivée d'algorithmes plus performants (traitement des images) ont concouru à leur expansion massive. Un réseau social se doit de permettre la captation par l'usager de multitudes de données, et en ce sens, les fabricants de mobiles ont bien compris qu'il faudrait augmenter les performances de leurs capteurs. Aujourd'hui, un capteur photo d'iPhone ou de Samsung pour ne citer qu'eux permet la captation d'images en très haute définition.



Alors pourquoi parler d'hygiène numérique ? Tout simplement parce que les gestes captés aujourd'hui renseignent ces réseaux sociaux sur des données qui nous sont personnelles, mais surtout, ces renseignements nous échappent pour toujours. Quelques exemples permettront de mieux comprendre.

Nous avons tous fait un jour ou l'autre le signe V de la victoire avec nos doigts. Aujourd'hui, la puissance des capteurs d'un appareil photo de smartphone fait que si la photo est prise à 1 mètre 50, son exploitation par de nouveaux algorithmes permet de récupérer 100% des empreintes digitales ! Prise à 3 mètres, on récupère encore 50% des empreintes. Cela peut laisser rêveurs des policiers de Glasgow mais doit surtout alerter sur le futur. Car l'incroyable stock de photos déjà capté par les réseaux sociaux permettra un jour une exploitation encore non attendue de ces images. En 2014, un hacker allemand du nom de Jan Krissler avait réussi à copier l'empreinte digitale de Ursula von der Leyen, alors ministre de la Défense, en exploitant des photos publiques haute définition. Aujourd'hui, la même Ursula von der Leyen est présidente de la Commission européenne...



En prenant l'hypothèse que les mêmes causes ont les mêmes effets, que dire de la mode des vidéos qui permet (et permettra bientôt encore plus facilement) de récupérer l'identité numérique faciale ? Lorsque nous utiliserons nos objets connectés, en les déverrouillant à la manière d'un smartphone, la problématique du hacking donnera le vertige. D'autant que vu l'utilisation faite par les jeunes de ces logiciels qui vous déforment le visage ou vous ajoutent de petites oreilles et des moustaches, il va sans dire que les données de reconnaissance faciale sont déjà enter d'autres mains.

Enfin, en couplant photo et reconnaissance faciale, on voit bien que prendre la photo d'un défilé militaire, d'une soirée à Ibiza ou d'un planton devant une caserne permettra de capter l'identité numérique des présents pour ensuite utiliser ces renseignements. Peut-être pas aujourd'hui, mais demain ?



L'histoire de Ena Matsuoka, membre du groupe de J-Pop au nom alambiqué "Tenshitsukinukeniyomi", est révélatrice de notre futur. La chanteuse ne se doutait pas de ce qui allait lui arriver lorsqu'elle a pris un selfie dans son appartement. Un déséquilibré, en zoomant sur la photo haute définition, a réussi à repérer dans ses yeux le reflet d'un arrêt de bus. Il a même trouvé l'étage exact de l'appartement grâce à la position des éclairages. Après s'être rendu sur place, il a agressé la chanteuse avant d'être arrêté. Des techniques autrefois confidentielles...


Alors, à chaque prise de vue, à chaque seflie, pensez à votre hygiène numérique !


Stéphan Le Doaré

@stephanledoare

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